Deux tiers des salariés britanniques ont essayé l’IA générative. Un quart s’en sert tous les jours. Un sur six la paie lui-même. Mis bout à bout, ces abonnements personnels approchent le milliard de livres par an.
Faits clés
- 31 % des salariés britanniques utilisent l’IA générative sans l’accord de leur employeur
- 17 % paient eux-mêmes au moins un outil d’IA pour leur travail
- Le total avancé par les salariés approche 1 milliard de livres par an
- Deux tiers de la population active a essayé un outil d’IA générative
- Près d’un quart s’en sert quotidiennement
- Gain de temps déclaré : 70 minutes par semaine et par utilisateur
- Usages les plus fréquents : recherche d’information, rédaction de courriels, résumés
- Enquête Deloitte publiée le 16 septembre 2026
Le Fait
L’enquête Deloitte, publiée le 16 septembre 2026 et reprise par Reuters, porte sur la population active du Royaume-Uni. Elle mesure trois choses que l’on avait jusqu’ici séparées : l’ampleur de l’usage, sa part non déclarée, et son coût.
L’usage d’abord : deux tiers ont essayé, près d’un quart utilise quotidiennement. La part non déclarée ensuite : 31 % le font sans accord de leur employeur. Le coût enfin, et c’est le chiffre nouveau : 17 % financent eux-mêmes au moins un abonnement, ce qui agrège à près d’un milliard de livres par an.
Les usages cités ne sont pas ceux d’un contournement : chercher une information, rédiger un courriel, produire un résumé. Le gain déclaré est de 70 minutes par semaine.
La Lecture
Le shadow IA se mesurait jusqu’ici en pourcentages d’usage, ce qui permettait de le lire comme un problème de règle. Il se mesure maintenant en livres sterling, ce qui le déplace vers un problème de budget, et l’argument change de camp.
Un salarié qui avance vingt livres par mois pour un outil ne cherche pas à contourner un contrôle. Il achète 70 minutes par semaine que son employeur ne lui a pas données. Ce montant est la valeur que le terrain attribue à un équipement dont la direction n’a pas encore tranché l’achat. Il chiffre une non-décision.
L’organisation paie ce milliard deux fois, et jamais dans la colonne où il apparaît. Une première fois sur des comptes personnels qui ne figurent dans aucun contrat, avec des données d’entreprise qui transitent hors de tout périmètre. Une seconde fois le jour où il faudra reconstituer ce que faisaient ces outils, pour qui, et avec quoi. Le montant visible est celui des abonnements. Le montant réel comprend la reprise.
L’Enseignement
Ce chiffre vous donne un argument budgétaire, servez-vous-en comme tel. Estimez le même ratio chez vous : la part des équipes qui paient un outil d’IA de leur poche, et le montant. Il se demande, il ne se déduit pas, et il faut pour cela un canal où répondre ne coûte rien.
Comparez ensuite ce montant à celui du poste que vous n’avez pas ouvert. S’il est du même ordre, vous n’avez pas un problème de politique d’usage, vous avez un arbitrage d’équipement en retard.
Et ne commencez pas par la règle. Une interdiction appliquée sur ces chiffres ne supprime pas l’usage, elle supprime la déclaration, et vous perdez la seule visibilité qui vous restait.